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Quand la société met sous pression, le corps encaisse

Dernière mise à jour : 21 déc. 2025


pourquoi le bien-être n’est plus seulement une question de confort

Nous vivons dans une société tendue.Tendue par le rythme, par les contraintes économiques, par l’incertitude, par la surcharge d’informations, par le regard des autres aussi. Beaucoup de personnes tiennent, avancent, s’adaptent. Elles font face. Jusqu’au moment où quelque chose se crispe, se fatigue, se bloque.

Souvent, ce n’est pas le mental qui lâche en premier.C’est le corps.

Quand la pression sociale devient tension corporelle

La pression n’est pas toujours visible. Elle ne se dit pas forcément. Elle s’installe doucement, au fil des jours. Charge mentale, responsabilités, inquiétudes diffuses, sentiment de devoir être à la hauteur, de ne pas ralentir, de rester performant, disponible, solide.

Dans le corps, cela se traduit très concrètement : épaules remontées, dos tendu, respiration courte, mâchoires serrées, fatigue nerveuse, sommeil fragmenté. Le corps devient le lieu où s’imprime ce que l’on ne prend plus le temps d’écouter.

Ce phénomène n’est pas individuel. Il est largement collectif. Nous sommes nombreux à évoluer dans un environnement où le repos véritable est devenu rare, presque suspect, et où ralentir demande parfois de se justifier.

Ce que j’observe dans mon travail

Dans mon activité de massage bien-être, je rencontre souvent des personnes qui disent aller « plutôt bien ». Elles fonctionnent, elles gèrent, elles tiennent. Et pourtant, une fois allongées, le corps raconte autre chose. Une fatigue profonde, parfois ancienne, souvent silencieuse.

Ce n’est pas un jugement, ni un constat pessimiste. C’est une réalité humaine. Le corps ne triche pas. Il exprime ce qui n’a pas toujours trouvé d’espace ailleurs. Ce que les mots ne disent plus, ce que l’on a appris à minimiser, à repousser, à normaliser.

Le corps comme espace de régulation

Lorsque le mental est saturé, le corps devient souvent le dernier espace de régulation possible. Le toucher, la respiration, la présence à l’instant permettent de faire baisser le niveau d’alerte interne. Non pas pour fuir la réalité, mais pour retrouver un état plus stable, plus posé.

La méditation de pleine conscience, le massage, les pratiques de présence corporelle agissent à cet endroit précis : là où la vigilance permanente empêche le relâchement. Ce sont des temps où le système nerveux peut enfin se déposer, même brièvement.

Ce n’est plus seulement un luxe

On entend souvent que le massage serait un luxe.Et, d’un point de vue financier, c’est une réalité : tout le monde n’y a pas accès, et il ne fait pas partie des dépenses essentielles du quotidien.

Mais réduire le massage à un simple plaisir occasionnel serait passer à côté de ce qu’il apporte réellement aujourd’hui. Il reste souvent perçu comme une parenthèse agréable, une récompense, quelque chose que l’on s’offre quand « tout va bien ». Or, dans un contexte de fatigue généralisée, de tensions chroniques et de surcharge mentale, le massage répond de plus en plus à un besoin de régulation, pas seulement à une envie.

Il ne s’agit pas de fuir le réel ni de s’extraire du monde, mais de permettre au corps de relâcher ce qu’il accumule en silence. Le toucher, la respiration, le temps accordé à soi agissent là où le mental ne parvient plus à faire baisser la pression. Dans ce sens, le massage reste un luxe par son coût, mais il devient essentiel par sa fonction.

Un constat partagé, pas une leçon

Ce propos n’a pas vocation à dire comment il faudrait vivre, ni à donner des recettes toutes faites. C’est avant tout un constat, issu de ce que j’observe dans mon travail, mais aussi de ce que nous traversons collectivement. Personne n’est extérieur à ces tensions, et certainement pas moi.

Nous sommes nombreux à apprendre, à ajuster, à chercher un équilibre dans un monde qui laisse peu de place au ralentissement. Se choisir, écouter son corps, poser des limites ne sont pas des acquis définitifs. Ce sont des mouvements en cours, parfois fragiles, souvent imparfaits.

Le bien-être n’est pas un état à atteindre, mais un chemin. Et chacun avance à sa manière.

Des pistes, pas des injonctions

Il n’existe pas une seule manière de prendre soin de soi, ni un chemin unique vers plus de présence et d’apaisement. Certains trouvent un soutien dans le massage, d’autres dans la méditation, la respiration consciente, ou simplement dans des temps de silence retrouvés.

Pour celles et ceux qui souhaitent découvrir la méditation de pleine conscience, des méditations guidées accessibles, comme celles proposées par Christophe André, permettent une première approche simple, sans prérequis, depuis chez soi.

À Vichy, il existe également des initiatives locales, notamment des ateliers d’initiation à la méditation de pleine conscience proposés ponctuellement par des intervenants expérimentés. Ces espaces offrent un cadre respectueux, progressif, sans recherche de performance ni promesse de transformation rapide.

Ces pratiques ne sont ni obligatoires, ni universelles. Elles sont des possibilités parmi d’autres. L’essentiel est de trouver ce qui soutient réellement, là où l’on en est.

Se choisir, sans s’opposer aux autres

Nous cherchons souvent à l’extérieur ce qui pourrait combler un manque, réparer quelque chose, apaiser une inquiétude. Dans le regard de l’autre, dans l’approbation, dans la relation, dans l’attente d’un apaisement qui viendrait de l’extérieur. Cette quête est profondément humaine, mais elle peut aussi devenir une source de stress supplémentaire, lorsque l’on vit dans l’attente de correspondre ou de plaire.

Se choisir ne signifie pas se couper des autres. Cela signifie cesser de s’oublier.Le bonheur ne se construit pas contre l’autre, mais il commence en soi. Lorsque l’on trouve un espace intérieur un peu plus stable, un peu plus apaisé, la relation à l’autre change naturellement. Elle devient plus libre, moins chargée d’attentes.

Prendre soin de son corps, s’accorder du temps, s’offrir des moments de présence n’est pas un repli. C’est souvent une manière simple et concrète de rester en lien avec soi, pour ensuite être plus disponible au monde et aux autres.

 
 
 

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